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Étiquette : révolution managériale

Le manager face au défi de l’intelligence collective

L’intelligence collective est une idée qui fait beaucoup parler d’elle ces dernières années, en particulier avec le développement des outils collaboratifs. Le principe de départ est simple : la performance atteinte par une équipe qui sait travailler en intelligence collective dépasse largement celle d’une équipe sous l’emprise d’un individu décidant seul.

Mais, comme beaucoup d’autres idées touchant à l’évolution des organisations, l’appliquer concrètement dans nos équipes et entreprises n’est pas facile.

Selon Pierre  Lévy*,  cité par Céline Attali dans un article très intéressant dont vous trouverez le lien ci-dessous**  «Le projet de l’intelligence collective consiste à valoriser toute la diversité des connaissances, des compétences et des idées qui se trouvent dans une collectivité,  et à organiser cette diversité en un dialogue créatif et productif». Pour y parvenir, « la culture de l’intelligence collective travaille à établir de manière douce … un « multilogue » ouvert, qui est préférable aussi bien au cloisonnement et à l’isolement des intelligences, qu’à l’uniformité bien pensante. L’intelligence collective c’est la capacité des individus à co-construire des expériences, des méthodes de travail, c’est la capacité d’un collectif, d’une organisation à se poser des questions et à chercher des réponses ensemble. »

Pour y parvenir, poursuit Céline Attali, il devient de plus en plus indispensable de faire évoluer la culture managériale «pour développer des structures plus souples permettant la prise d’initiatives de la part des collaborateurs. »

Le rôle du manager évolue, il consiste à « veiller à ce que les individus soient réunis autour d’un projet commun, d’une tâche collective ; faire en sorte qu’ils adhèrent aux normes, valeurs et règles du groupe et ce pour une durée déterminée ; mettre en place une trilogie d’actions orientée vers :

  • Une coopération efficace,
  • La motivation et l’engagement des participants,
  • La différenciation des tâches claire et acceptée par tous. »

La stratégie managériale consiste alors à mobiliser les ressources humaines afin qu’elles co-construisent l’action au jour le jour. « L’organisation possède (ainsi) sa propre culture, ses valeurs, ses comportements auxquels (managers et collaborateurs ont plus de facilité à) adhérer. »

« La création collective de valeur, poursuit Céline Attali, n’est possible que si l’individu est impliqué dans le projet d’entreprise et il appartient à l’organisation de créer un environnement propice à cette orientation. (D’où la nécessité pour les) Directions des Ressources Humaines de prendre en compte l’existence de « systèmes d’intelligences », véritables variables stratégiques de l’organisation. »

Selon A. RIBOUD, PDG de DANONE, « Les entreprises performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise ». A nous tous, Dirigeants,  DRH, Managers, et consultants de créer les conditions pour que cette évolution se mette en oeuvre.

* Pierre  Lévy, auteur de « L’intelligence collective : pour une anthropologie du cyberespace » la Découverte, Poche 1997, est Docteur en sociologie et en sciences de l’information et de la communication. Il occupe la chaire de recherche sur l’intelligence collective à l’université d’Ottawa.

 ** Voir l’article de Céline Attali sur Intelligence collective et ressources humaines sur le site du CREG

 

Libérer les entreprises : deux exemples

“La confiance coûte beaucoup moins cher que le contrôle” déclare Jean François Zobrist, ancien directeur de FAVI, dès le début de ce documentaire de 17 minutes dédié à deux PME industrielles, dont cette dernière, qui ont su libérer le potentiel de leurs employés en  transformant leur mode de management.

Le parking des cadres a été supprimé : ici, tous sont égaux au-delà de leur niveau hiérarchique. Exit la pointeuse : Zobrist explique par exemple aux ouvriers qu’ils “ne sont pas payés pour faire un temps mais pour chercher l’amour d’un client”. Les ouvriers répondent à ces petites révolutions quotidiennes par 20 % de productivité en plus : quand Zobrist, leur demande pourquoi, ils répondent “parce qu’on veut prouver aux cadres que vous avez raison”.

L’idée de la révolution managériale de FAVI et de SEW est de responsabiliser tous leurs ouvriers et de supprimer les postes de contrôle. Les anciens chefs de service deviennent pluridisciplinaires, ont des fonctions transverses et sont désormais occupés à penser le moyen et long terme au lieu de contrôler le quotidien. Plusieurs échelons sont remplacés par un leader unique autour d’un client, élu par les ouvriers de son équipe.

Les résultats sont au rendez-vous: croissance, innovations, qualité de la production, chute du turnover, engagement de tous. Mais aussi meilleures relations avec les syndicats : chez SEW, un leader syndical explique que si “ailleurs il faut gueuler, ici ce n’est pas la peine, la porte est ouverte, on explique le problème et on travaille dessus”.

Les propos de Michel Munzenhuter, directeur de SEW Usocome, sont porteurs d’espoir mais soulignent également l’effort nécessaire : “pour réussir il faut quelqu’un qui porte le projet au quotidien, ça demande beaucoup de patience et de persévérance”. Mais cela vaut le coup, comme le prouvent ces deux réussites qui permettent d’imaginer un futur riche de possibilités nouvelles et motivantes. “Quand vous travaillez sur l’humain, vous travaillez sur le long terme”.

En conclusion : il est certain que ces deux entreprises sont très en avance sur ce qui se fait ailleurs, et elles sont pourtant très performantes ! Quels enseignements pouvons-nous en tirer, chacun, dans notre fonctionnement au quotidien ?

Si vous voulez en savoir plus sur ces exemples, voici un autre mini documentaire sur FAVI, intitulé “Question de confiance”.

 

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