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Étiquette : innovation

Jugaad ou l’innovation frugale indienne

Innovation jugaadAvez-vous déjà entendu parler de l‘innovation Jugaad ? Jugaad est un terme hindi qui désigne une solution ingénieuse et créative, qui contourne en général les façons de faire classiques et à la fois économise matières premières et énergies. L’innovation Jugaad, traduite parfois en français par innovation frugale, vise donc à trouver des solutions pratiques et peu coûteuses en tirant profit des ressources disponibles. Popularisé ces dernières années par l’Indien Navi Radjou qui a écrit le livre L’innovation Jugaad, le concept met en évidence deux principes intéressants à appliquer dans les entreprises: l’art de faire plus avec moins, et le fait de percevoir les contraintes comme autant d’incitations à innover.

Dans un article du blog de Harvard Business Review Navi Radjou identifie quelques principes propres du Jugaad qui pourraient être appliqués dans les entreprises occidentales:
Economiser au lieu de gâcher : la première règle est celle de la frugalité et aide à gérer le peu de ressources dont on dispose.
L’inclusion au lieu de l’exclusion: cette seconde règle aide les organisations à mettre en pratique l’inclusion de tous profitant de la croissante diversité des clients, des employés et des partenaires.
La participation depuis la base (bottom-up) remplaçant un modèle d’autorité exercée par la hiérarchie: cette troisième règle favorise la collaboration. Pour Radjou, les dirigeants doivent apprendre à encourager l’improvisation collaborative au même titre que les joueurs d’un groupe de jazz.
– La flexibilité dans la réflexion et l’action au lieu de la traditionnelle planification linéaire: cette quatrième règle est très importante pour les organisations qui jouent le jeu de la Jugaad car elles ne sont attachées à aucun modèle de business en particulier et poursuivent plusieurs options en même temps.
Pour en savoir plus, je vous invite à lire le site en anglais de Navi Radjou et l’article en anglais du HBR.

Innovation, coopération et émotions

A première vue, le lien entre innovation réussie et émotions n’est pas évident. Il est pourtant crucial : la mise en place d’un changement ne peut être menée à bien sans un travail préalable sur les émotions des équipes et des managers chargés de sa réalisation. Notre pratique quotidienne dans les entreprises nous l’a appris, et c’est un chercheur en sociologie, Norbert Alter, qui le rappelle dans son article de « ParisTech Review », dont voici les idées principales.

idée ensembleLes managers, dit-il, ont trop souvent tendance à confondre innovation et invention : si l’invention peut être individuelle, le processus de l’innovation, qui implique la mise en place d’une idée nouvelle,  est avant tout collectif. Innover est donc collaborer : il faut pour que cela marche que tous participent et adoptent l’idée. Nous le savons, certes, mais l’oublions trop souvent : il est fréquent de voir dans les entreprises des changements impulsés par le management qui sans processus d’appropriation par tous, finissent par n’être que du discours.

Pour éviter cela, il s’agit pour les managers de :

–          Ne pas avoir peur des déformations d’une bonne idée : c’est au contact de la pratique qu’une bonne idée prend vie, et elle en est généralement légèrement transformée. Loin de vouloir le corriger, la direction doit accepter ces adaptations comme un signe positif d’appropriation. C’est bien un phénomène de co-construction, garant du succès.

–          Ne pas avoir peur des conflits : qui dit changement dit nécessairement résistances et tensions. Grâce aux techniques de gestion des émotions, ces tensions peuvent devenir des forces positives de changement. Il s’agit, nous le confirme Alter dans son article, de ne pas se débarrasser des tensions mais bien de s’assurer qu’elles ne mènent pas à une impasse.

–          Encourager le partage des émotions. Les émotions, contrairement aux théories tayloristes qui les voyaient comme une perte d’efficacité d’un ouvrier mécanisé, constituent une réelle valeur ajoutée dans l’entreprise car elles génèrent sentiment d’appartenance et et motivation. Dans le cadre d’un changement, encourager le partage des émotions positives et faire attention à travailler sur les émotions négatives, loin d’être une perte de temps, représente, au contraire, un excellent investissement.

10 pièges à éviter pour libérer le potentiel de vos équipes

  1. erreurRester sur les sentiers battus : si vous rejetez les idées qui vous semblent bizarres ou trop différentes, vos collaborateurs ne vous proposeront jamais leurs idées innovantes. La créativité, par définition, sort de la routine. Elle nécessite une prise de risque.
  2. Trop rationaliser le temps et les ressources : cela peut paraître une bonne idée pour augmenter l’efficacité à court terme mais ne pas accorder de temps à vos collaborateurs est contreproductif ; surtout si vous voulez qu’ils soient engagés et proactifs. Un exemple connu : les 20% de temps libre accordé par Google à ses salariés, source de leurs meilleures innovations.
  3. Manager de trop près et contrôler de façon trop systématique : ce type de management par le contrôle frustre rapidement les meilleurs et invite les plus créatifs à fuir l’entreprise. Si vous voulez conservez dans vos équipes des collaborateurs autonomes et dynamiques, cédez de l’espace. Voir sur ce sujet l’article précédent sur l’entreprise FAVI.
  4. Limiter la diversité au sein des équipes : certes le quotidien en sera simplifié et les consensus rendus plus faciles mais l’équipe perdra en richesse et ne sera pas en mesure d’innover. L’innovation née, en général, de divergences de points de vue.
  5. Ne pas stimuler suffisamment les équipes : pour obtenir une amélioration des résultats et une motivation croissante, il est important que chacun dans le cadre de son travail ait des objectifs stimulants et, néanmoins, à la hauteur de ses capacités. Si les challenges sont trop difficiles, vous n’obtiendrez pas de résultats, mais s’ils sont trop faciles, vos équipes s’ennuieront et seront sous-utilisées.
  6. Ne pas donner suffisamment de feedback : sans feedback vos équipes ne sauront pas ce qu’elles font de bien ou non. Elles seront plus hésitantes dans leurs initiatives et moins conscientes de leurs missions réelles. Le feedback est essentiel pour le bon déroulement des processus créatifs.
  7. Exiger des rendements immédiats : les meilleures idées ont besoin de temps pour se développer. Demander un retour sur investissement trop rapide est le meilleur moyen de ne plus jamais voir d’idées émerger.
  8. Pousser tous les collaborateurs à travailler de la même façon : évitez de trop contrôler les rythmes de travail. Assurez-vous que vos collaborateurs font bien ce qui leur est demandé dans les temps et ne perturbent pas les autres. Nous sommes tous différents : certains sont plus efficaces le soir, d’autres le matin. Mais tous vous seront reconnaissants si vous les laissez travailler à leur rythme.
  9. Ne pas soutenir en cas d’échec : soyez vigilants à soutenir ceux dont la première idée  n’a pas marché. Ils auront à cœur de se rattraper ! Les idées ne se transforment pas toutes en innovations applicables et utiles !
  10. Ne pas récompenser les meilleures initiatives : il ne s’agit pas forcément de récompenses financières : la mise en valeur du rôle clé joué par le collaborateur concerné est souvent primordiale.

A vous de jouer !

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