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Tout va bien ! Nous connecter à nos sources de bien-être (Ep. 7)

(Temps de lecture : 3’)

Dans l’épisode précédent, nous avons vu comment amadouer notre crocodile, comment le détendre, en pratiquant la cohérence cardiaque.

Allons plus loin ! Voici ma deuxième technique très efficace:

L’ancrage.

Comme la cohérence cardiaque, elle active notre système nerveux parasympathique. Sur commande !

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’associer un geste à une sensation positive que nous avons vécue. En faisant ce geste, il rappelle en nous le bien-être de ce moment agréable.

Comme pour la cohérence cardiaque, nous utilisons une rétro-action. L’effet provoque la cause. Respirer de manière contrôlée apaise notre crocodile. Donner un signal physique rappelle le souvenir.

Comment faire ?

Essayons ensemble immédiatement :

1- Choisir quel type de ressenti.

De quoi avons-nous besoin maintenant ? Avons-nous besoin de nous sentir plus calme ?Avons-nous besoin de nous sortir plus tonique ?

2– Trouver un événement dans nos souvenirs qui a provoqué cette impression positive que nous voulons déclencher.

Facile. Le premier qui vous saute à l’esprit conviendra.

3–Choisir un geste simple.

Je vous donne des exemples : le contact entre notre pouce et notre index, le bout de doigt, la phalange ou l’espace entre 2 phalanges.  Privilégier la main gauche si nous sommes droitiers et la droite pour les gauchers. Un geste discret ou banal que votre entourage ne décodera pas.

4- Nous rappeler ce souvenir.

Le revivre de la façon la plus intense, faire revenir en nous avec plaisir, ces sensations agréables. Souvenons-nous de ce que nous avons entendu, vu, senti, éprouvé sur le plan physique. Quelle température ? Quels bruits ? Quelle musique ? Quelles couleurs ?

Toutes les impressions sensorielles qui enrichissent notre souvenir sont bonnes à prendre. Plus nous amplifions en nous ces sensations, plus les chemins neuronaux sont ravivés, plus ils grossissent, plus notre corps aiment ces moments, plus il produira les substances chimiques, type endorphines qu’il a produites à l’époque.

Notre crocodile ne fait pas la différence entre la réalité et le souvenir. Plus nous parvenons à revivre en pensée ce moment passé, plus notre corp produit les substances chimiques bénéfiques de ce moment. Plus il les produit, mieux nous nous sentons.

L’objectif est atteint !

5- Au moment où le ressenti devient fort, faisons simplement le geste que nous avons identifié.

C’est tout.

Concentrons une minute notre attention sur ce contact. Associons la sensation physique de ce geste à la sensation très agréable du passé en pensant alternativement à l’un et à l’autre.

En associant ces deux perceptions, nous créons un déclencheur volontaire.

Chez moi : le pouce de ma main gauche touche la deuxième phalange de l’index de ma main gauche. Si vous me voyez le faire, vous connaissez mon secret !

6- Comment l’utiliser ?

Dans une situation désagréable, ou quand nous avons envie de nous sentir mieux, faisons aussitôt ce geste.

Son effet magique ?

La situation agréable émerge et notre corps produit par réflexe les substances de type endorphine. A leur tour, elles provoquent le même bien-être que lors de l’évènement agréable.

Constatez.

A la place du stress, de l’agacement, ou un malaise, notre crocodile s’apaise. Notre sensation de bien-être suspend nos alarmes de survie et nos neurones recommencent à fonctionner à plein régime.

Pratiquez le plus souvent possible ! N’oubliez pas, c’est le secret le plus important de tous !

Comment vous sentez-vous ?

Restez calmes pendant quelques instants et observez votre ressenti.

Aimez-vous la sensation de bien-être de ce souvenir agréable que vous venez de raviver ?

De façon générale, cette technique comme la cohérence cardiaque et la technique que nous verrons dans le prochain épisode, nous permettent de nous connecter à nos sources de bien-être internes. Ces sources de bien-être sont là en permanence. Quelles que soient les circonstances. Il ne tient qu’à nous de les solliciter. Un seul secret, encore une fois, pratiquer ces techniques avec persévérance, comme nous avons pratiqué tous les sports et toutes les activités artistiques dans lesquels nous avons atteint un bon niveau.

 

Prochain épisode Lundi 16/11 : Utiliser des positions « Ressource »

Tout va bien ! Respirer pour enclencher une spirale positive (Ep. 6)

(Temps de lecture: 5 minutes)

Dans l’épisode précédent, nous avons vu que nous cohabitons tous avec un crocodile.

Pas n’importe lequel. Le nôtre ! Unique et protecteur. Craintif et puissant. C’est ainsi que je nomme notre système nerveux primitif.

En général nous le maltraitons par ignorance, alors qu’il est notre premier allié.

Pour réussir à apprivoiser ses réactions, le moyen le plus efficace consiste à cesser de prendre ces réactions (les nôtres) à rebrousse-poil !

Ce sont des énergies et elles ont une mission sacrée : nous sauver la vie ! Plus nous nous battons contre elles, plus elles résistent et se renforcent ! Le contraire de ce que nous souhaitons !

Comment les vivre en alliées ?

Tout va bien ! C’est très simple (quand on sait). Le seul moyen de réussir à leur parler et de les orienter dans le bon sens consiste à faire baisser notre niveau de pression interne, notre niveau de stress.

Tant qu’il est en alerte de survie, notre crocodile prend le dessus et contrôle nos réactions.

Comment baisser le niveau de stress de notre crocodile ?

Les neurosciences nous apprennent que nous avons tous en nous 2 systèmes nerveux :

  • Le système nerveux sympathique.

    Il produit de l’adrénaline et nous met en ordre de bataille pour courir, nous battre ou, éventuellement faire le mort. Les trois réactions émotionnelles que nous avons vues dans les précédents épisodes, vous vous souvenez ?

  • Et un second que nous connaissons moins : le système nerveux parasympathique.

    Sa mission : rétablir les équilibres et le calme dans les cellules et les différents systèmes vitaux. Pour y parvenir il produit des substances comme l’ocytocine, la sérotonine et d’autres substances type endorphines.

L’endorphine, beaucoup d’entre nous savent ce que c’est, pour l’expérimenter régulièrement. Cette morphine naturelle produit en nous ce ressenti très agréable que l’on appelle le second souffle, dans la course à pied. Ce que les américains appellent le « flow » et que l’on peut ressentir dans toutes sortes de situations.

Bonne nouvelle ! Nous pouvons mettre en route ce système nerveux parasympathique sur commande.

Bien entendu ces phénomènes sont plus complexes que la façon dont je les explique.

Ce qui nous intéresse ici, c’est que cela fonctionne. Aujourd’hui, nous pouvons tous déclencher la production de ressentis agréables à des moments ou les circonstances provoquent en nous des ressentis négatifs.

Trois moyens concrets pour rétablir nos équilibres et notre calme :

  • La cohérence cardiaque
  • L’ancrage
  • Les positions d’excellence ou positions ressources

Aujourd’hui je vais vous présenter la cohérence cardiaque. Nous verrons les deux autres dans un prochain épisode.

La cohérence cardiaque

Cette méthode est également intitulée « la méthode 365 » car il s’agit de respirer 3 fois par jour, en respectant un rythme de 6 respirations par minute, pendant 5 minutes.

Faisons-le, ensemble immédiatement : inspirez pendant 5 secondes puis expirez pendant 5 secondes. Pour vous guider, comptez jusqu’à cinq quand vous inspirez, puis quand vous expirez.

Sentez-vous ce qui se passe en vous ?

courbe cohérence cardiaqueEn respirant ainsi, vous provoquez un ralentissement  de votre rythme cardiaque et une mise en harmonie avec votre respiration.

Il y a une réduction de ce que l’on appelle le « chaos cardiaque ».

Le corps se met à produire des substances de type endorphine.

C’est le système nerveux parasympathique qui se met en route.

C’est ce ressenti très agréable, correspondant au ressenti de « second souffle » que vous allez chercher à reproduire sur commande

Bonne nouvelle

Cette technique de « cohérence cardiaque » est très simple à découvrir et mettre en route : il suffit de télécharger une application sur votre téléphone et de l’utiliser. Si vous avez un iPhone : l’application s’appelle « Cohérence cardiaque ». Si vous avez un Androïd vous pouvez charger une application qui s’appelle « RespiRelax » ou « Kardia ».

Il en existe quantité d’autres. Testez-les et dites-moi si vous avez trouvé mieux.

Concrètement : vous avez une animation qui monte et qui descend. Quand le baromètre monte vous inspirez quand il descend vous expirez.

Mon astuce : ne vous forcez pas à expirer jusqu’en haut, ni à souffler jusqu’en bas. Inspirez jusqu’aux deux tiers, ensuite retenez votre respiration jusqu’à ce que le visuel redescende. Quand vous soufflez, faites-le jusqu’à ce que ça soit confortable pour vous, puis attendez pour inspirer à nouveau que le visuel remonte.

Le mode d’emploi : respirer pendant cinq minutes deux à trois fois par jour pendant 21 jours, si possible.

C’est la durée que recommandent beaucoup de psychologues et beaucoup d’entraîneurs sportifs pour acquérir une habitude.

Le principe : avoir ancré ce type de réflexe, d’automatisme pour que vous puissiez l’utiliser au moment où vous allez sentir monter en vous une réaction de type agitation, agressivité ou blocage

Deux bénéfices :
  • Réduction du niveau de stress chronique. Une pratique régulière de la cohérence cardiaque nous permet de nous sentir mieux dans notre peau, moins tendus et d’éviter que nos crocodiles ne prennent trop facilement le contrôle.
  • Utilisation ponctuelle, en cas d’évènement désagréable ou pénible : il nous suffit de respirer pendant deux ou trois respirations en respectant le rythme de la cohérence cardiaque, et en nous remémorant le ressenti positif que cela nous procure. A chaque fois que nous ferons cela notre corps se souviendra de ce bien-être et commencera à produire en nous des substances positives de type endorphine.

Bravo, en faisant cela, vous venez d’enclencher une première spirale positive ! 😊

La spirale positive : réduction du niveau de stress → Comportement amélioré → résultats un peu meilleurs → réduction du niveau de stress → comportements plus efficaces → résultats meilleurs → réduction du niveau de stress →  etc.

Tout va bien ! Danser avec les crocodiles (Ep. 5)

(Temps de lecture : 4’30)

Nous avons vu comment identifier et désamorcer nos réactions émotionnelles, maintenant, comment aller plus loin ? Je vous propose d’apprendre à danser avec nos crocodiles.

Nos crocodiles ? J’utilise cette image car à l’origine de nos réactions émotionnelles il y a notre cerveau reptilien, notre “crocodile”*. Si notre cerveau reptilien perçoit un danger, il court-circuite la partie corticale, la plus logique et rationnelle de notre cerveau, prend les rênes et nous oblige à courir, nous battre ou faire le mort. Simple et un peu désuet, certes, mais très efficace dans la nature, face aux prédateurs de toutes sortes !

Ces réactions ne sont pas mauvaises en elles-mêmes. Le problème, comme vu précédemment, c’est leur inadéquation à la situation que nous sommes en train de vivre.

Plutôt que de lui en vouloir, apprenons à danser avec notre crocodile… et ceux des autres !

Les 7 astuces pour désamorcer les crocodiles

  1. Identifier la réaction crocodile chez nous et chez les autres : “Tiens, un crocodile !”
  2. Nous rappeler que cette réaction est plus forte que nous / que la personne en face de nous.
  3. Prendre conscience qu’il y a une logique, un besoin qui se cache derrière cette réaction et qu’il est possible de la désamorcer.
  4. Prendre conscience que derrière chaque réaction négative se cache un talent
  5. Utiliser des techniques simples pour garder/ retrouver notre calme quand les crocodiles sortent en face de nous
  6. S’appuyer sur notre talent et notre style de leadership pour renforcer notre confiance en nous et notre capacité à rester calme
  7. Utiliser des techniques de communication pour développer la confiance en notre capacité à apprivoiser les crocodiles de nos interlocuteurs

Dans les épisodes suivants nous verrons comment répondre, concrètement, à ces différents besoins.

Voici un tableau qui résume les différents principes vus précédemment et permettant d’identifier et de désamorcer les trois types de réactions crocodiles :

Nous avons tous en nous les 3 réactions émotionnelles et le dosage n’est pas le même chez chacun d’entre nous. Autrement dit, nous sommes tous plus ou moins sensibles aux différents moyens évoqués ci-dessus. Concrètement, cela signifie que nous pouvons utiliser plusieurs moyens à la fois : nous pouvons à la fois reconnaître et fractionner, ou reconnaître et donner du sens, ou fractionner et donner du sens.

La voix, excellente indice pour savoir que faire

Autre élément très important sur le plan pratique : la voix. C’est le moyen le plus simple et le plus efficace de comprendre ce qui se passe.

Quand quelqu’un parle fort, s’énerve, parle de façon autoritaire, c’est une réaction de type Lutte (Agressivité).

Réflexe N° 1 : écouter, reconnaître, prendre en compte et surtout exprimer notre point de vue en commençant par ET au lieu de MAIS

Exemple : un responsable hiérarchique arrive très énervé et commence à bousculer tous ses collaborateurs présents. L’une d’entre eux a le réflexe de prendre un papier, un stylo et de commencer à noter de façon explicite ce que son manager lui dit, tout en lui disant : « Ok, je vois que tu es très agacé et qu’il y a des choses qui ne te conviennent pas du tout. Dis-moi ce qui ne va pas pour que nous puissions comprendre précisément comment corriger le tir. Que veux-tu que nous mettions en place dans les heures qui viennent ? Et, en même temps, voilà les éléments qu’il nous semble important de te transmettre. »

En savoir plus sur les réactions de type Lutte -Agressivité.

Quand quelqu’un parle vite, s’agite, passe d’un sujet à l’autre, se met à argumenter de façon envahissante, c’est une réaction de Fuite (Agitation).

Réflexe N° 1 : Rassurer, et pour cela fractionner l’objectif en sous-objectifs atteignables et mettre en évidence tout le chemin parcouru.

« Ok, j’ai l’impression que tu n’es pas à l’aise avec l’objectif que nous nous sommes fixé. Explique moi ce qui te freine, te gêne…Maintenant, regardons ce qu’il faut que nous fassions ce mois-ci pour atteindre notre objectif à 6 mois. Et regarde tout ce que nous avons fait au cours des dernières semaines. Tu vois bien que si nous poursuivons nos efforts et les améliorons légèrement nous parviendrons facilement à atteindre notre objectif du mois. » Dédramatiser, ramener au concret, au factuel, au présent. Réduire les peurs liées à l’anticipation de dangers éventuels. Les personnes qui ont des réactions de type Fuite détestent être prises en faute. Elles ont besoin de se sentir capables d’atteindre leurs objectifs et même de les dépasser. Les personnes qui ont des réactions de type Lutte, au contraire, aiment bien avoir l’impression d’avoir à se battre pour atteindre leurs objectifs.

Quand quelqu’un se tait, se bloque, dis oui mais, instinctivement, nous sentons que ce “oui” sonne faux, c’est une réaction de Repli (Blocage).

Réflexe N° 1 : écouter, prendre en compte, faciliter l’expression de notre interlocuteur et, surtout, relâcher au maximum la pression. Éviter d’être autoritaire, ainsi que toute pression liée aux échéances. Rester le plus zen possible. Si vous êtes stressé, votre interlocuteur Repli le sentira instinctivement et se fermera comme une huître.

En savoir plus sur les réactions de type Repli – Blocage.

Nous verrons, mercredi prochain, comment parvenir à rester de plus en plus calme et/ou serein, surtout si notre interlocuteur à une attitude très difficile à supporter. C’est l’un des éléments les plus déterminants pour obtenir des résultats et, bonne nouvelle, c’est juste une question d’entraînement ! 

Bien entendu, il n’y a pas de baguette magique, nous ne réussirons pas à danser, du jour au lendemain, avec les crocodiles. Et je vous garantis que vous pouvez y parvenir ! Cela fait plus de 20 ans que je travaille avec cette approche et je vous assure qu’elle permet d’obtenir des résultats rapides et impressionnants. Au cours des dernières années, j’ai souvent été étonné et très agréablement surpris par les résultats obtenus par les personnes qui ont utilisé cette approche.

Et pour y parvenir un principe fondamental : pratiquer, pratiquer, pratiquer !

En conclusion comment transformer les énergies crocodiles en énergie positive ?

Le moyen le plus efficace consiste à cesser de les prendre à rebrousse-poil ! Plus nous nous battons contre les réactions crocodiles, plus elles se défendent et plus elles se renforcent !

Si au contraire, nous les accueillons, chez nous et chez les autres, si nous cherchons à les désamorcer, en répondant autrement aux besoins dont elles sont le symptôme, alors elles se feront moins fortes et nous pourrons utiliser leurs aspects positifs. Nous pourrons alors exprimer pleinement notre potentiel et permettre à nos interlocuteurs d’exprimer pleinement le leur.

Ce sont juste des énergies, avec des aspects positifs et des aspects négatifs. Utilisons pleinement ces aspects positifs.

 

Note de lecture : * cf le livre de Catherine Aimelet Périssol : “Comment apprivoiser son crocodile” – 2002 – Editions Robert Laffont

 

Prochain épisode Mercredi 11/11 : Respirer pour enclencher une spirale positive

Tout va bien ! Utiliser son agitation (Ep. 3)

Nous bénéficions tous de réactions émotionnelles qui ont pour mission de nous sauver la vie. Et qui le font à chaque instant ! En cette période de danger élevé, nous sommes sous le choc. Ces réactions émotionnelles instinctives s’imposent à nous. Nous en subissons les inconvénients, alors qu’elles ont aussi de gros effets bénéfiques.

Elles s’expriment selon trois types :

  • Agressivité,
  • Agitation,
  • Blocage
Comment réussir à les apprivoiser ?

Lundi, nous avons examiné les réactions d’agressivité. Aujourd’hui, nous examinons les réactions d’agitation.

Comment reconnaître les réactions d’agitation ? (Temps de lecture : 5’)

Elles se traduisent par des phénomènes d’inquiétude, de fébrilité, d’hyper activité et parfois par une anxiété accrue…

Cela se traduit par un besoin irrésistible de parler, de tout et de rien, pendant longtemps, de façon parfois désorganisée et même de se perdre dans ce que l’on est en train de raconter.

Exemple en soi :

Je ne peux m’empêcher de répéter cinq fois la même chose de différente manière, j’ajoute des arguments, je me justifie, j’ai envie de bouger, de sortir, d’appeler des gens au téléphone… Beaucoup de mal à me concentrer.

Exemple chez l’autre :

Cet appel téléphonique interminable que je n’arrive pas à arrêter. Ce collègue qui parle vite, qui agite ses mains, qui bouge beaucoup, dont le visage est très mobile, qui n’arrête pas de changer de sujet !

Est-ce que cela vous parle ?

Tout est normal

Tout va bien ! Il est tout à fait normal de ressentir ou d’observer aujourd’hui, plus fortement qu’avant ces réactions d’agitation et de fuite. L’état de choc de ces derniers jours ajoute un niveau de stress supplémentaire et notre instinct de survie se met à produire les substances chimiques qui nous mettent en état de courir le plus vite possible. Comme c’était le cas hier, c’est seulement une production d’énergie supplémentaire.

Etat de choc = davantage de stress = davantage d’énergie émotionnelle.

Si ce type de réaction se produit souvent chez vous, la période de confinement peut être particulièrement difficile à vivre, pour vous.

Quels besoins fondamentaux ?

Ce type de réactions répond à deux besoins fondamentaux : liberté et sécurité.

Être enfermé dans un espace clos dans une période où on n’arrête pas de parler de risques importants concernant la santé et la sécurité financière, on ne peut pas faire pire situation ! Votre cerveau reptilien ne supporte pas l’enfermement, ni les craintes sur la santé de votre corps. Et là, on lui impose les deux ! L’horreur !

Heureusement pour vous, votre curiosité, votre goût de l’inattendu et de l’exploration des territoires inconnus reprennent rapidement le dessus.

Comment combattre ce type de réactions ?

Si vous avez lu mon précédent message, vous connaissez mon secret.

Surtout, ne pas les combattre ! Cela équivaut à s’affaiblir et se faire soi-même la guerre, ce que nous voulons éviter, n’est-ce pas ?

La solution : les apprivoiser pour utiliser ce surcroît temporaire d’énergie.

Comment les apprivoiser ?

Facile (quand on a appris). Tout va bien !

Voici plusieurs façons d’y parvenir à court et moyen terme.

1.Premier secret, comme pour les réactions précédentes d’agressivité : prendre conscience de ce qui se passe en vous. Repérer ce côté fébrilité, votre voix qui s’accélère et de l’inquiétude que vous percevez. Votre cerveau reptilien tire la sonnette d’alarme et continuera de plus en plus fort tant que vous l’ignorerez. Si vous commencez à l’écouter, il va se sentir mieux et relâcher rapidement sa pression.

2. Deuxième secret, identifier la cause de votre inquiétude : qu’est-ce qui vous manque, qu’est-ce qui vous gêne ? Qu’est-ce qui vous freine ?

Dès que vous l’aurez identifié votre cerveau ne pourra pas s’empêcher de trouver des solutions. Il est naturellement très doué pour cela. Il sera en terrain connu et en zone de compétences. Ça le rassurera il se sentira de mieux en mieux, et retrouveras toute son énergie au fur et à mesure de l’émergence de nouvelles solutions.

Félicitations ! Vous avez démarré une spirale vertueuse : un comportement légèrement modifié produit des résultats meilleurs. Ces résultats réduisent le niveau de stress, ce qui permet d’avoir des comportements encore meilleurs, ce qui contribue à réduire à nouveau le niveau de stress, etc.

3. Troisième secret, bouger, parler, mettre du mouvement dans votre quotidien parce que le mouvement rassure votre cerveau reptilien.

Vous avez la chance de pouvoir utiliser des registres très larges : vous pouvez bouger physiquement, courir, promener le chien, avoir des activités physiques, sportives ou artistiques. Vous pouvez surfer sur Internet, découvrir de nouveaux domaines, parler avec de nouvelles personnes, profiter de cette période pour faire des choses différentes.

Et, bien entendu, parler avec vos amis. C’est l’un des meilleurs moyens pour vous de transformer votre agitation, de façon naturelle.

Ma limite : surveiller que ces échanges n’envahissent pas trop votre journée. Pour cela, surveiller le temps passé aux différents échanges et limiter leur durée.

4. Quatrième secret, fractionner vos objectif, vos activités, en sous-objectifs atteignables. Faire des to-do-lists, écrire des plannings et des rétroplannings.

Pourquoi ? Ecrire des listes fractionne en étapes faciles, tout en montrant le chemin parcouru. Le mot atteignable est important parce les objectifs trop élevés créent de l’inquiétude et de la dispersion.

Rester flou sur l’ordre de réalisation de cette todo-liste et de ces plannings afin de vous apporter de la liberté.

Les listes rassurent notre cerveau reptilien en répondant à son besoin de sécurité. Le flou répond à son besoin de liberté : cadre rassurant, intérieur libre !

Comment utiliser ces savoir-faire pour calmer les gens autour de vous ?

Quand quelqu’un commence à parler très vite, nous l’avons vu, c’est une réaction de type agitation. La personne a besoin d’être rassurée et d’avoir suffisamment de liberté de mouvement pour se sentir en sécurité.

Comment y parvenir :

  • Reformuler ce qu’elle dit de façon très pragmatique et très concrète en précisant les faits les conséquences et le ressenti : « OK j’entends que pour toi il s’est passé ça, que les conséquences sont celles-ci et que ce que tu ressens par rapport à cette situation c’est cela. Est-ce bien cela ? »
  • L’aider à fractionner son objectif en sous objectifs atteignables
  • L’aider à trouver des points de repères, un cadre rassurant, une organisation simple et pragmatique,
  • Faire en sorte qu’elle ait de la liberté dans ce cadre.
  • L’aider à prendre conscience de tout le chemin qu’elle a déjà parcouru

 

Dans notre prochain épisode, nous verrons comment aller plus loin, comment transformer cette énergie en énergie positive ?

Tout va bien ! – Episode 1

La déstabilisation et les dangers actuels (confinement, risque sanitaire, risques économiques et financiers, attentats…) génèrent automatiquement des réactions émotionnelles parfois fortes, dont nous ne sommes pas forcément fiers. Nous nous énervons ou nous bloquons, nous ne savons pas quoi répondre, ou avons envie de fuir. Tout va bien, c’est normal : ces réactions sont instinctives et automatiques.

Ces réactions sont plus fortes que nous. Or nous avons un choix à faire : soit nous acceptons que ces réactions nous pourrissent la vie, soit nous apprenons à les gérer et dans ce cas là elles peuvent devenir très utiles.

Comment passer de l’un à l’autre ?

Dans leur aspect négatif, ces réactions émotionnelles prennent 3 formes : Agressivité, Agitation, Blocage.

 

Concrètement :

  • Agressivité : des personnes nous répondent avec agressivité, alors que nous leur avons fait une remarque qui nous semble banale.
  • Agitation : d’autres parlent, se répètent et argumentent pendant de longues minutes alors que notre demande nous semblait simple. Typique du confinement : les conversations qui nous retiennent au téléphone/visio plus longtemps que souhaité.
  • Blocage : d’autres enfin se taisent, fondent en larme, se sentent épuisées voire dépriment. Ils/elles n’arrivent plus à produire ce qu’on leur demande.

En reconnaissez-vous, autour de vous ?

Tout va bien !

Ces réactions sont saines, vitales et nous sauvent la vie en permanence.

Elles existent pour nous permettre de réagir rapidement face au danger : nous battre, courir, ou faire le mort.

 

Si elles sont là pour nous sauver, en quoi sont-elles gênantes ?

Le problème ce n’est pas la réaction en tant que telle. Le côté pénible, chez nous ou chez l’autre, c’est quand la réaction est trop forte ou inadaptée par rapport à la situation.

Quand nous devenons agressifs alors qu’il faudrait argumenter, quand nous argumentons alors qu’il faudrait nous taire, quand nous nous taisons alors qu’il faudrait argumenter ou nous défendre. Ou quand l’une de ces réactions devient trop importante par rapport à la situation.

 

Comment faire alors pour les désamorcer ?

 

  • Le premier élément à comprendre : elles sont automatiques et instinctives.

Quand quelqu’un s’énerve, croyez-vous qu’il/elle le choisisse ? C’est plus fort que lui ou elle. Et ses mots dépassent souvent sa pensée.

Quand quelqu’un se met à parler, à argumenter. Croyez-vous qu’il le fasse volontairement ?

Quand quelqu’un se tait, se bloque, se tétanise. Croyez-vous qu’il n’ait rien à dire ?

 

  • Le deuxième élément, ces réactions s’imposent à nous. Ce sont nos cerveaux reptilien et limbique qui prennent le contrôle de notre cerveau cortical, pour assurer notre survie. Nous ne pouvons y échapper.

 

  • Le troisième élément : à chaque inconvénient son bénéfice ! Voyons les qualités de ces trois défauts.

Les personnes qui ont tendance à s’énerver ont des capacités à obtenir des résultats supérieures aux autres.

Les personnes qui ont tendance à s’agiter ont des capacités relationnelles et uen grande créativité lorsqu’il s’agit de trouver des solutions nouvelles.

Les personnes qui ont tendance à se bloquer, à se décourager ont une capacité forte à s’occuper des autres, à s’adapter et à avoir envie d’être utiles.

 

  • Le quatrième élément : derrière chacune de ces réactions émotionnelles il y a une logique.

Il y a un besoin qui n’est pas satisfait. Plus le manque est important, plus la réaction est forte.

C’est pour cela qu’il est possible de les apprivoiser à notre profit plutôt que les subir.

 

Comment les désamorcer ?

Je vous propose de comprendre ensemble à partir de lundi chacune de ces trois réactions et les meilleurs moyens de les « apprivoiser ».

La suite dans notre prochain épisode !

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