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Catégorie : Manager de demain

Marchez et dormez pour de nouvelles idées !

Dans le contexte actuel, les dangers du travail excessif et autres phénomènes de burnout sont de plus en plus courants, pour les managers, les cadres dirigeants et les dirigeants d’entreprises. Il est grand temps qu’ils prennent soin d’eux, de façon aussi importante que l’on prend soin de la santé de leurs collaborateurs. Prendre soin d’eux-mêmes, c’est prendre soin de leur entreprise et c’est indispensable.

Je vous propose de prendre une pause pour regarder ces deux mini conférences (3 à 4 minutes chacune) :

1. L’idée au cœur de cette première présentation est simple mais efficace: la prochaine fois que vous organisez une réunion, dites à votre interlocuteur de vous rejoindre pour une marche à pied.

2. Deuxième conseil qu’Arianna Huffington (co-fondatrice du Huffington Post) présente de façon claire et concise: “le chemin vers une vie plus productive, plus enthousiaste, plus joyeuse passe par un sommeil suffisant. […] Face aux multiples crises de notre monde en ce moment, ce qui est bon pour nous sur le plan personnel, ce qui va nous apporter plus de joie, de reconnaissance, d’efficacité dans nos vies, est aussi ce qui est le mieux pour le monde. Je vous exhorte donc à fermer vos yeux, à couper vos moteurs et à découvrir le pouvoir du sommeil.”

Le dirigeant de demain selon les jeunes d’aujourd’hui

J’ai lu, cet été, un article intéressant sur le site de L’express sur les attentes quant au “dirigeant de demain”. L’article se base sur les conclusions d’une étude menée par le réseau Grandes Ecoles au Féminin  et en reprend les conclusions principales. L’étude a été menée en 2011 auprès de 3200 diplômés, jeunes et moins jeunes, des grandes écoles françaises.

Il m’a semblé intéressant que les diplômés identifient comme défis majeurs la “nécessité de savoir réinventer en permanence son business model” (47%) et  les “difficultés croissantes pour manager les contradictions entre les objectifs à atteindre et les moyens disponibles” (38%). Les valeurs (63%) ainsi que la nécessité de maintenir un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée (70%), apparaissent comme les deux freins majeurs face à une plus grande prise de responsabilités, loin devant tous les autres obstacles possibles, comme par exemple devoir gérer une crise grave (un petit 12%). L’appartenance à des réseaux est vu comme le facteur clé (76%) pour pouvoir accéder au pouvoir, bien avant avoir fait une grande école (38%) ou la compétence (19%), ce qui me paraît également intéressant.

Lorsqu’ils sont interrogés sur les qualités des dirigeants, les diplômés signalent une grande différence entre les qualités qui leur semblent prises en compte aujourd’hui pour évaluer la performance (sa capacité à entretenir un bon réseau relationnel 54%, sa capacité à anticiper et relayer les demandes de l’actionnaire 50% et à savoir être dur pour atteindre ses objectifs 44%) et les qualités qui leur semblent importantes pour les dirigeants de demain. Ils considèrent en effet, qu’ils devront : savoir piloter à long terme malgré la pression du court terme (61%), savoir motiver et manager leurs collaborateurs (51%) et être visionnaires (46%), loin devant savoir anticiper les demandes des actionnaires (5%) et savoir être dur pour atteindre ses objectifs (1%). Cela montre bien le changement de paradigme en cours dans le domaine du management, dont nous parlons fréquemment dans ce blog.

pyramide inversée

 

L’étude nous montre ainsi un dirigeant du futur qui saura, tel Shiva et ses multiples bras, préserver l’intérêt long terme de l’entreprise, motiver ses équipes et être visionnaire:

 manager shiva

Le manager face au défi de l’intelligence collective (2)

Dans un article sur l’intelligence collective, Olfa Zaïbet-Grèselle* met en évidence les principaux facteurs permettant aux managers de mobiliser l’intelligence collective de leurs équipes :

–  Composer un groupe pluridisciplinaire

–  Intégrer les différentes intelligences individuelles

–  Faciliter et entretenir la collaboration et veiller à la cohésion et à l’interaction de l’équipe de travail pour que le groupe co-produise et co-agisse

– Apprendre avec et par les membres de l’équipe, et donner à l’équipe les moyens de capitaliser les savoirs et d’acquérir de nouvelles connaissances

–  Résoudre les problèmes et participer à la construction de la prise de décision à partir d’un processus collectif

–  Créer une vision commune pour mieux s’adapter et agir.

La docteure en gestion conclue: « il ne suffit pas de créer une équipe de travail pour qu’une intelligence collective émerge. (De même), une situation de travail nécessitant un travail collectif n’est pas suffisante pour qu’il y ait création d’une intelligence collective. Certains éléments permettant une coordination entre les différents membres de l’équipe semblent nécessaires et à des degrés différents selon les équipes de travail observées (équipe semi-autonome, équipe de direction et équipe projet)”.

L’intelligence collective est donc loin d’être simple et automatique : elle requiert la mise en place d’un contexte favorable, et un travail continu sur l’équipe de la part du manager pour que le groupe puisse co-construire des solutions innovantes face à une situation complexe.

* Olfa Zaïbet-Grèselle, Docteure en Sciences de Gestion  est  chercheuse à l’Université de Nice-Sophia Antipolis – GREDEG – (Groupe de Recherche en Droit, Economie, Gestion) – UMR 6227 – CNRS Spécialiste en Ressources Humaines et Management

Le manager face au défi de l’intelligence collective

L’intelligence collective est une idée qui fait beaucoup parler d’elle ces dernières années, en particulier avec le développement des outils collaboratifs. Le principe de départ est simple : la performance atteinte par une équipe qui sait travailler en intelligence collective dépasse largement celle d’une équipe sous l’emprise d’un individu décidant seul.

Mais, comme beaucoup d’autres idées touchant à l’évolution des organisations, l’appliquer concrètement dans nos équipes et entreprises n’est pas facile.

Selon Pierre  Lévy*,  cité par Céline Attali dans un article très intéressant dont vous trouverez le lien ci-dessous**  «Le projet de l’intelligence collective consiste à valoriser toute la diversité des connaissances, des compétences et des idées qui se trouvent dans une collectivité,  et à organiser cette diversité en un dialogue créatif et productif». Pour y parvenir, « la culture de l’intelligence collective travaille à établir de manière douce … un « multilogue » ouvert, qui est préférable aussi bien au cloisonnement et à l’isolement des intelligences, qu’à l’uniformité bien pensante. L’intelligence collective c’est la capacité des individus à co-construire des expériences, des méthodes de travail, c’est la capacité d’un collectif, d’une organisation à se poser des questions et à chercher des réponses ensemble. »

Pour y parvenir, poursuit Céline Attali, il devient de plus en plus indispensable de faire évoluer la culture managériale «pour développer des structures plus souples permettant la prise d’initiatives de la part des collaborateurs. »

Le rôle du manager évolue, il consiste à « veiller à ce que les individus soient réunis autour d’un projet commun, d’une tâche collective ; faire en sorte qu’ils adhèrent aux normes, valeurs et règles du groupe et ce pour une durée déterminée ; mettre en place une trilogie d’actions orientée vers :

  • Une coopération efficace,
  • La motivation et l’engagement des participants,
  • La différenciation des tâches claire et acceptée par tous. »

La stratégie managériale consiste alors à mobiliser les ressources humaines afin qu’elles co-construisent l’action au jour le jour. « L’organisation possède (ainsi) sa propre culture, ses valeurs, ses comportements auxquels (managers et collaborateurs ont plus de facilité à) adhérer. »

« La création collective de valeur, poursuit Céline Attali, n’est possible que si l’individu est impliqué dans le projet d’entreprise et il appartient à l’organisation de créer un environnement propice à cette orientation. (D’où la nécessité pour les) Directions des Ressources Humaines de prendre en compte l’existence de « systèmes d’intelligences », véritables variables stratégiques de l’organisation. »

Selon A. RIBOUD, PDG de DANONE, « Les entreprises performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise ». A nous tous, Dirigeants,  DRH, Managers, et consultants de créer les conditions pour que cette évolution se mette en oeuvre.

* Pierre  Lévy, auteur de « L’intelligence collective : pour une anthropologie du cyberespace » la Découverte, Poche 1997, est Docteur en sociologie et en sciences de l’information et de la communication. Il occupe la chaire de recherche sur l’intelligence collective à l’université d’Ottawa.

 ** Voir l’article de Céline Attali sur Intelligence collective et ressources humaines sur le site du CREG

 

Les nouveaux leaders

 

En navigant sur Internet, j’ai trouvé ce tableau de comparaison entre leaders traditionnels et leaders collaboratifs. Il me semble intéressant et peut servir de base à des échanges fructueux sur le sujet. Le voici traduit en français (voir ci-dessous le tableau original en anglais.)

Leader traditionnel

Leader collaboratif

  • Croit que le pouvoir provient de sa position hiérarchique
  • Contrôle la circulation de l’information
  • Ecoute parfois les suggestions et idées de son équipe
  • Fournit et impose LA solution à son équipe
  • Attribue des ressources seulement quand c’est nécessaire
  • Adhère à un système fixe de rôles et de responsabilités spécifiques à chacun
  • Comme un pompier, lutte pour éteindre les conflits déjà déclarés et se focalise sur les symptômes
  • Evalue la performance de ses collaborateurs une fois par an, en accord avec la politique de l’entreprise
  •  Croit qu’il a plus de pouvoir en jouant en collectif avec son équipe
  • Partage volontiers l’information et les connaissances
  • Encourage systématiquement les suggestions et idées de son équipe
  • Facilite les brainstormings avec son équipe et la co-création de solutions
  • Permet à son équipe de disposer librement de temps et de ressources
  • Permet que les rôles et responsabilités évoluent de façon dynamique
  • Cherche à découvrir quelle est l’origine des problèmes et travaille sur les causes profondes
  • Offre un feedback continu et immédiat et un soutien personnalisé à chacun de ses collaborateurs

 

traditional vs collaborative leaders

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