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Catégorie : Entreprise 2.0

Intelligence collective: quand et comment ?

collectiveintelligence_620L’intelligence collective est un thème à la mode ; mais de quoi parle-t-on vraiment ? Le sujet est passionnant mais encore flou. J’ai préparé quelques articles, pour mieux comprendre le concept et sa mise en œuvre pratique, celui-ci étant le premier. Nous parlerons ici d’intelligence collective dans le cadre des entreprises : dans d’autres cadres le concept peut avoir un sens différent.
L’idée de base de l’intelligence collective : dépasser en les intégrant les intelligences individuelles et les savoirs spécialisés. On parle d’intelligence collective quand un groupe peut résoudre un problème qu’une personne isolée aurait été incapable de résoudre ; quand la performance d’un groupe est supérieure à la simple addition des compétences individuelles.
Pourquoi le concept prend-t-il tant d’ampleur ? Parce que les problèmes des entreprises sont de plus en plus complexes, et que la situation ne peut souvent être résolue qu’en prenant en compte les points de vue de tous les individus concernés, chacun détenant une partie des informations que les autres n’ont pas.

Quelques conditions de base pour qu’un processus d’intelligence collective fonctionne :

  • Une communauté d’intérêt : l’adhésion de tous doit être fondée sur un ou des buts communs
  • Une confiance mutuelle entre les membres.
  • Des règles communes (tacites ou explicites)
  • Une répartition des rôles fondée sur le volontariat et la complémentarité des compétences.
  • L’autonomie de tous : chacun est responsable de sa propre action.
  • Un processus clair et consensuel de prise de décisions (nous reviendrons sur le sujet dans un des prochains articles)
  • Des outils de travail coopératifs adéquats (réseau de communication qui facilite les interactions, interfaces permettant la coordination des actions…)
  • Un système d’information, qui permet une circulation fluide et rapide de l’information
  • Un processus d’apprentissage, avec des évaluations fréquentes orientées vers la correction positive des erreurs, et la construction collective de best practices sur la base du partage des expériences et des savoirs.

Quand le pouvoir rend les autres muets

« When power makes others speechless» est le titre d’une nouvelle étude qui confirme ce que nous répétons souvent dans ce blog : à quel point l’écoute est capitale, et de plus en plus stratégique dans les circonstances actuelles.
Publiée dans le «Academy of Management Journal » par trois chercheurs américains, Rick Larrick, Leigh Plunkette Tost et Francesca Gino, l’étude montre ce que nous voyons tous au quotidien dans les entreprises : les managers n’écoutent pas assez leurs collaborateurs, et lorsqu’ils se montrent autoritaires leurs équipes perdent en efficacité et innovation. Ce qui entraîne démotivation et manque de performances.

Quelques conseils pratiques tirés de cette étude:
Evitons les comportements autoritaires. Les auteurs confirment que les leaders autoritaires ont du mal à encourager la collaboration au sein de l’équipe et ont tendance à imposer leurs idées au détriment de l’inventivité du groupe. Les chercheurs ont comparé les performances d’équipes dotées d’un dirigeant autoritaire avec celles d’équipes dépourvues de leaders : les résultats de ces dernières sont supérieurs à ceux des premières. Trop d’autorité nuit au travail d’équipe. Les équipes dotées d’un leader modéré qui invite les membres de son équipe à participer se sont, là encore, avérées supérieures. « Le rôle des managers est essentiel, car ils structurent les équipes, mais ce mode de fonctionnement doit permettre la participation de chacun. »

Pratiquons l’écoute. Le problème des dirigeants autoritaires vient du fait que leur attitude dominatrice inhibe la participation des autres, d’autant plus qu’ils ont souvent tendance à acaparer la parole et à imposer leurs solutions. Pour expliquer ce phénomène les auteurs analysent les relations de pouvoir et de domination entre positions différentes. Soyons attentifs : invitons nos collaborateurs à participer, et écoutons-les vraiment. Ne cherchons pas à combler les vides ou à simplement confirmer notre idée en réunion, exerçons-nous à laisser aux autres le temps de rédondre à nos questions. Une technique efficace pour cela est la pratique de l’écoute active et de la reformulation, une fois que nous avons contrôlé notre « température émotionnelle ».

Construisons et entretenons la confiance. Les leaders les plus efficaces sont ceux qui arrivent à combiner pouvoir et accessibilité : une accessibilité cultivée au quotidien notamment grâce aux échanges informels avec leurs collaborateurs. Le risque est particulièrement élevé lorsque les managers prennent leur fonction. Ils peuvent céder à la tentation de vouloir marquer leur autorité de façon artificielle. (lien vers articles sur entreprises libérées pour exemple de leader accessible.)

Cliquez sur ce lien pour lire l’étude “When Power Makes Others Speechless: The Negative Impact of Leader Power on Team Performance”

Transmission des savoirs entre générations

Des problèmes d’incompréhension ou de distance surviennent souvent entre les jeunes de la génération Y et les salariés de la génération des baby-boomers sur le point de prendre leur retraite. En particulier lorsqu’il s’agit, pour ces derniers de transmettre leurs compétences aux premiers.
J’ai lu récemment une chronique très intéressante sur le sujet écrite par Marc Raynaud pour le Journal du Net. En voici quelques points-clés :

  • La transmission n’est pas automatique : il ne suffit pas de demander à un collaborateur de transmettre ses savoirs à un jeune et de les faire travailler ensemble pour que ça arrive. La capacité à transmettre n’est pas un savoir inné, certains y sont beaucoup plus doués que d’autres. Rappelons-nous qu’un expert ou un bon chercheur ne font pas forcément de bons professeurs.
  • Apprenons à mieux nous connaître : favorisons la connaissance par les générations seniors de la nouvelle génération et de ses modes d’apprentissage complètement différents pour que les premiers puissent transmettre leur savoir-faire aux seconds. En effet, il est capital d’adapter la pédagogie utilisée à ces jeunes qui sont habitués à trouver toute l’information qui leur est nécessaire, de façon immédiate et sans avoir besoin de la stocker ni de la mémoriser !
  • Interrogeons-nous sur les compétences vraiment pertinentes en fonction des changements de l’entreprise : transmettre le “métier” tel que nous l’avons nous-mêmes appris n’est utile que pour certains cas très isolés. Il s’agit de donner la priorité à l’apprentissage des compétences indispensables à l’entreprise de demain, avec l’humilité nécessaire pour reconnaître qu’une grande partie de ce que nous avons appris ne sera pas forcément utile dans le futur. Il est capital de commencer par en parler avec les jeunes, et de se mettre en phase avec ce dont ils ont besoin.
  • Assurons-nous du rôle actif des managers de proximité : la préservation et le développement des savoirs dans une entreprise est une donnée stratégique. Il est indispensable que les managers de proximité veillent à créer des conditions optimales d’apprentissage, en particulier en ce qui concerne la transmission des savoirs et des savoir-faire entre les différentes générations.
  • N’oublions pas qu’une transmission réussie des savoirs n’est pas à sens unique. C’est une succession d’allers et de retours, d’échanges et d’interactions. Les jeunes peuvent contribuer à la rénovation des savoirs des seniors, et apporter des éléments nouveaux et non explorés jusque là.

L’intégration et l’échange entre plusieurs générations offrent la possibilité de créer de la richesse au cœur des entreprises ; il serait dommage de s’en priver.

Sans diversité pas de performance globale

C’est là le titre d’un article publié récemment dans  le Cercle les Echos, dont nous reprenons les paragraphes clés.

A partir de l’exemple de l’impact de la diversité génétique des abeilles sur la conservation d’une température optimale dans la ruche, Robert Branche conclut:

La performance collective vient des différences, et non pas des similitudes. Ou plus exactement, des variations autour d’un comportement commun. Mais ceci vient-il d’un processus d’adaptation et d’apprentissage, ou est-ce génétique ? Ou formulé autrement, la performance collective suppose-t-elle une hétérogénéité structurelle et initiale, ou peut-elle être issue d’individus initialement identiques, et qui ont appris à être complémentaires ? […]  

La diversité est donc un élément essentiel pour garantir la performance collective : sans elle, pas de flexibilité, pas d’adaptation rapide à un changement dans l’environnement.”

“Être confronté à des expériences diverses ne suffit pas : si l’on est initialement homogène, on ne sait pas en tirer parti… et l’on disparaît. Et dire que d’aucuns dans nos sociétés ont peur de la diversité, et voudraient cloisonner le monde…”

“L’espèce humaine n’est pas née par rupture, mais par évolution. Elle est elle-même un construit du monde, et il y a fort à parier que ce qui est vrai pour les abeilles l’est aussi pour nous. Aussi quelle erreur quand des dirigeants croient que la performance de l’entreprise viendra de la consanguinité ? Certes, il peut être rassurant de s’entourer de camarades issus de la même école, et avec lesquels on a de nombreux points communs. Mais, comme pour les abeilles à miel, ce n’est vraiment pas la meilleure solution pour construire une entreprise résiliente… […] La France ou l’Europe ne seront pas fortes en se protégeant de la diversité, mais au contraire, en relevant le défi d’une construction collective qui s’appuie sur les différences. Et pour être efficaces, ces différences ne doivent pas être acquises, mais innées : celui qui n’est pas né ici vient nous apporter la richesse de ce que nous ne sommes pas…

Le manager face au défi de l’intelligence collective (2)

Dans un article sur l’intelligence collective, Olfa Zaïbet-Grèselle* met en évidence les principaux facteurs permettant aux managers de mobiliser l’intelligence collective de leurs équipes :

–  Composer un groupe pluridisciplinaire

–  Intégrer les différentes intelligences individuelles

–  Faciliter et entretenir la collaboration et veiller à la cohésion et à l’interaction de l’équipe de travail pour que le groupe co-produise et co-agisse

– Apprendre avec et par les membres de l’équipe, et donner à l’équipe les moyens de capitaliser les savoirs et d’acquérir de nouvelles connaissances

–  Résoudre les problèmes et participer à la construction de la prise de décision à partir d’un processus collectif

–  Créer une vision commune pour mieux s’adapter et agir.

La docteure en gestion conclue: « il ne suffit pas de créer une équipe de travail pour qu’une intelligence collective émerge. (De même), une situation de travail nécessitant un travail collectif n’est pas suffisante pour qu’il y ait création d’une intelligence collective. Certains éléments permettant une coordination entre les différents membres de l’équipe semblent nécessaires et à des degrés différents selon les équipes de travail observées (équipe semi-autonome, équipe de direction et équipe projet)”.

L’intelligence collective est donc loin d’être simple et automatique : elle requiert la mise en place d’un contexte favorable, et un travail continu sur l’équipe de la part du manager pour que le groupe puisse co-construire des solutions innovantes face à une situation complexe.

* Olfa Zaïbet-Grèselle, Docteure en Sciences de Gestion  est  chercheuse à l’Université de Nice-Sophia Antipolis – GREDEG – (Groupe de Recherche en Droit, Economie, Gestion) – UMR 6227 – CNRS Spécialiste en Ressources Humaines et Management

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