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Catégorie : Emotions et management

Ils n’avancent pas et ça m’agace !

Vous vous rappelez des dessins de voitures de Jacques Martin?

Brillant et redoutablement efficace, Jean est directeur commercial dans une très grosse entreprise industrielle. Jean n´avait pas particulièrement envie de travailler avec moi: il avait plutôt tendance à considérer que “ces choses là” étaient une perte de temps. Mais son patron le lui a imposé, par peur que ce directeur zélé et compétent ne finisse en burn-out … et aussi parce que Jean avait développé la fâcheuse tendance à l’appeler bien trop tôt le matin. En effet, victime de troubles du sommeil il se levait à 4 heures, travaillait et commençait à passer des coups de fil dès 7 heures, voire plus tôt !

J’aime beaucoup travailler avec ce type de profils aussi dynamiques qu´ambitieux. Il y a chez eux une énergie et un dynamisme que je trouve très stimulants. Jean était parfaitement conscient qu´il avait énormément de potentiel et en même temps qu´il commençait à devenir trop pénible pour pouvoir continuer à progresser dans sa carrière. Il avait des relations houleuses avec beaucoup de ses interlocuteurs et en était conscient, mais il ne pouvait pas s´en empêcher !

Nous avons commencé par travailler sur ses talents pour lui permettre d’en prendre pleinement conscience et de les utiliser toujours mieux. Comme la plupart des personnes qui ont un profil proche du sien, Jean a toujours quelques coups d´avance sur tout le monde : il est comme un “général sur la colline” qui embrasse du regard l´intégralité du champ de bataille et qui a la capacité d’anticiper les différents mouvements possibles de ses troupes  et des troupes ennemies. Il n’a aucun mal à avoir simultanément en tête les différents scénarios. Il en ressent même un certain plaisir. Et c´est là tout le problème! Jean ne comprenait pas pourquoi tous les autres ne voyaient pas ce que lui percevait clairement. Il a toujours eu de très bons résultats malgré la pression croissante et des postes de plus en plus exposés : il excelle dans l´art de gérer l´urgence au cœur de la bataille… Et il avait tendance à s´exaspérer lorsque les autres ne suivaient pas son rythme ou juste son raisonnement.

 

Nous avons travaillé sur ce qui, loin d´être une évidence pour lui, le bloquait. Nous sommes tous différents, nous avons des talents différents, des façons de penser et de faire, différentes et des rythmes de travail différents. Bien entendu il le savait et pourtant, comme la plupart d’entre nous,  il n’arrivait pas à prendre conscience des conséquences concrètes que cela  pouvait avoir dans son travail et ses relations au quotidien. En tant que directeur commercial, Jean travaille à une vitesse bien supérieure à celle de ses équipes.  Jean est comme un moteur qui tourne à 6 000 tours par minute, en vitesse de croisière ; idéal pour un moteur … et impossible pour les roues ! Si le moteur d´une voiture exigeait aux roues de tourner à ce même rythme, il casserait tout. Il s´agit de comprendre et de prendre en compte que

  1. les roues doivent tourner à une vitesse nettement inférieure à celle du moteur pour que l´ensemble fonctionne de façon optimale,
  2. un certain nombre d´engrenages intermédiaires sont nécessaires pour transformer les 6-8 000 tours du moteur en un rythme adéquat pour les roues.

 

Je vous propose quelques points de réflexion:

  • “Nous sommes tous différents”, certes, mais acceptons-nous vraiment que les autres fonctionnent à une autre vitesse que la nôtre ? Avons-nous développé les systèmes d´engrenages nécessaires pour faire fonctionner les différentes composantes de nos équipes sans surchauffe ?
  • Nous avons tous un talent, une capacité qui nous est propre: savons-nous l´utiliser ? Et sommes-nous conscients que les autres ne peuvent pas faire aussi facilement ce qui nous paraît évident?
  • Reconnaissons-nous les talents de nos collègues ou de notre entourage? Savons-nous en profiter ? Savons-nous leur demander de l’aide dans les domaines où ils excellent ?

Bonne mise en œuvre et n’hésitez pas à partager avec ceux que ça peut intéresser !

Marre de ce râleur !

Avez-vous dans votre équipe un éternel râleur, de ceux qui passent leur temps à ressasser les problèmes ? De ceux qui transforment les  inconvénients du quotidien en drames personnels ? De ceux qui circulent avec un petit nuage noir au dessus de leur tête ? De ceux qui finissent par compromettre l´humeur de toute une équipe ?

Je vous propose une technique simple et efficace pour sortir de ce cercle vicieux. Laissez-moi vous raconter un exemple.

M. est nommé responsable d’un atelier de réparation de l’industrie aéronautique à Toulouse. On le prévient au moment de la prise de poste : il faudra supporter L., qui passe son temps à râler et à réclamer, ce qui est pénible pour les autres même s’ils s’y sont  habitués. M. décide de le prendre à part et de tester la méthode apprise ensemble : l’expression ferme de ses besoins grâce à quatre étapes clés.

  1. Présenter la situation sous la forme d’un message FCR (Faits – Conséquences – Ressenti)
  2. Compléter par une Ecoute active pour désamorcer le besoin de râler
  3. Exprimer nos besoins et/ou contraintes de façon ferme
  4. Rechercher une solution satisfaisante pour nous-même et pour notre interlocuteur

M. commence donc par exprimer les Faits: « J’ai l’impression que tu passes ton temps à exprimer ton insatisfaction et qu’à tes yeux rien ne marche. » puis passe aux Conséquences « C’est pénible pour moi car ça me démoralise, je ne sais pas comment faire avec toi, et en plus je sens que c’est négatif pour l’ambiance de toute l’équipe. » et finit par exprimer son Ressenti « Je suis déçu parce que je sais que tu es très bon dans ton métier et que je n´arrive pas à bien travailler avec toi. »

Piqué au vif, L. se défend et les raisons de son attitude apparaissent rapidement: « Oui mais avec vous les cadres, c´est toujours la même chose ! Vous nous demandez toujours plus de choses et quand nous, on vous demande quelque chose vous ne nous donnez jamais rien ! »

A la surprise de L., M. applique les principes d’Écoute active qu’il a appris et se contente de reformuler – et ce, même et surtout s’il n´est pas d’accord : « Pour toi, on ne t’écoute pas suffisamment et on ne t’accorde pas ce dont tu as besoin.

– Oui, c’est ça. D’ailleurs, il y a 4 mois j’avais demandé un outil complémentaire sur mon banc de réparation, mais rien n’a été fait ! Il me manque toujours quelque chose !

-Ok, je comprends : ce que tu ressens c’est que quand tu demandes quelque chose nous, les cadres, nous n’en tenons pas compte et tu n’obtiens pas ce dont tu as besoin. C’est bien ça ?

-Oui voilà.

-D’accord, j’en prends note et je vais voir ce que je peux faire dans ce domaine. Et moi, de mon côté, ce que j’aimerais c´est que tu arrêtes de râler et que tu aies une attitude plus positive vis-à-vis de nous, les cadres, et vis-à-vis de tes collègues. (Reformulation synthèse + Expression ferme de mes besoins)

Le dialogue se poursuit en bons termes, M. alterne écoute active et expression ferme de ses besoins/contraintes. L. se sentant pris en compte s’exprime de façon ouverte et M.  se rend ainsi compte que L. avait demandé, il y a quelques années, à devenir manager, on le lui avait promis mais lorsque l’opportunité s’est présentée un autre avait été choisi à sa place. Il s’était depuis enfermé dans un rôle d’opposition qui du coup lui avait fermé les portes de toute promotion. Ne pouvant rien changer à la situation, M. se contente alors de reformuler « Je comprends, on t’avait promis ce poste et on ne te l’a jamais donné ».

Après cet entretien, et sans que la promotion de L. ait été accordée, toute l’équipe a remarqué un changement significatif d’attitude chez L.: il n’a pas complètement arrêté de râler, mais a effectivement adopté un comportement beaucoup plus positif. M. l’a écouté, et surtout a accepté le fait que L. s’était senti maltraité par les managers précédents et a reconnu que L. avait vécu cette situation comme une injustice. A la fin de l’année, L. a signé son entretien d’évaluation pour la première fois depuis des années.

Un râleur râle souvent parce qu’il se sent incompris: aidons-le à s’exprimer ! Pour y parvenir, commencez l’entretien avec cette technique aussi simple qu´efficace, puis alternez écoute, reformulation et affirmation. Vous verrez, le comble c’est que ça marche !

Et vous, vous reconnaissez-vous dans ce besoin d’exprimer vos sources d’insatisfaction alors que personne ne vous écoute ? Avez-vous souvent l’impression d´être relégué dans le rôle désagréable du casse-pieds ? Sentez-vous que râler devient plus fort que vous ? Aimeriez-vous changer vos habitudes qui  – vous vous en apercevez bien – poussent vos collègues à vous fuir ?

Pour en savoir plus, sur la façon d’apprivoiser les autres ou de vous apprivoiser, vous-même, n’hésitez pas à me contacter, je serai ravi de lire vos commentaires et de répondre à vos questions.

Un vent d’optimisme pour les vacances

Et si nous prenions pleinement conscience du formidable potentiel de créativité et de dynamisme de l’optimisme ? C’est là l’invitation de cette très bonne émission de France Inter diffusée le 7 août dernier, à réécouter pour lutter contre la morosité ambiante. Les invités de ce numéro des Débats de Midi apportent des témoignages complémentaires qui prouvent que l‘optimisme possède une puissance transformatrice qui permet de changer le monde à notre niveau, tout simplement !

 

Crise = danger + opportunité

Marc Delcourt, fondateur de Global Bioenergies, nous rappelle qu’en tant qu’entrepreneur c’est un “optimisme en acier trempé sur le moyen et le long terme qui doit servir de boussole”, tandis qu’Anne-Marie Gabelica, fondatrice des cosmétiques bio « oOlution », invite à prêter attention à toutes ces initiatives positives de transformation de nos sociétés qui fleurissent en ces temps de crise. Les Chinois ont raison – c’est un idéogramme que j’aime beaucoup – pour eux la crise est tout autant un danger qu’une opportunité !

Thierry Saussez, pragmatique s’il en est, nous le répète : le pessimisme n’est pas bon pour la santé, et c’est justement pour affronter les crises que l’optimisme prend tout son sens. “Élargissez votre regard” nous invite-t-il, et “exprimez votre gratitude, c’est là une des grandes recettes de l’optimisme. Cela vous permettra de créer de la bonne humeur autour de vous”. Le pessimisme légendaire des Français nous amène trop souvent à formuler un mauvais diagnostic et à faire les mauvais choix, souligne Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques.
Tous les invités rappelle le rôle central de l’éducation : le culte de la performance à la française n’est pas forcément la meilleure solution pour développer le plein potentiel des enfants. Et cela se ressent chez les adultes. Je le vois tous les jours dans les entreprises : et si nous remplacions notre peur de l’échec par une réelle confiance en nous qui s’appuie sur une meilleure connaissance des points forts et de nos talents ?
Et si nous nous autorisons à changer de perspective et à libérer tout le potentiel créatif de l’optimisme ?

Neuromarketing et émotions


Neuromarketing : Des citoyens sous influence ? by himed187

“On appelle neuromarketing l’utilisation des techniques de neurosciences en complément des techniques classiques de marketing, c’est-à-dire que l’on va essayer de voir comment le cerveau réagit face à de nouveaux produits ou à une campagne publicitaire”, nous explique Olivier Oullier, chercheur en neurosciences (université Aix-Marseille), dans ce reportage intitulé Neuromarketing, des citoyens sous influence ?
L’idée de base du neuromarketing est que nos décisions, loin de ce que l’image que nous avons de nous-mêmes comme êtres rationnels, sont essentiellement basées sur nos émotions. Face aux échecs du marketing, qui demande aux gens ce qu’ils pensent de tel produit ou ce que leur inspire telle marque, la supériorité du neuromarketing serait de ne pas passer par la verbalisation: il s’agit de demander directement au cerveau et non à la personne.
Concrètement, une des techniques phares du neuromarketing est l’analyse des ondes du cerveau pour mesurer l’efficacité de la publicité et du marketing, comme l’explique le PDG d’une entreprise de Berkeley, Neurofocus. Ils mesurent ainsi trois paramètres : l’attention, l’émotion et la mémoire, pour établir quelles publicités sont les plus efficaces et les plus à même de provoquer une réaction d’achat.

Je trouve que deux des idées exposées dans ce reportage sont particulièrement intéressantes :
– le fait que nous utilisons notre cerveau reptilien pour prendre nos décisions (pour une explication sur nos trois cerveaux et de leurs relations, voir à partir de la minute 39)
– la conclusion que, loin de ce que les gourous du neuromarketing laissent entendre, le cerveau est bien plus complexe et subtil que de simples mécanismes de stimulation-réponse. S’il est important de réaliser qu’il n’existe pas de bouton d’achat automatique sur lequel la publicité pourrait appuyer, il est intéressant d’intégrer les apports des neurosciences pour mieux comprendre nos processus de décisions.

Pour en savoir plus, quelques éléments sur la page wikipédia du neuromarketing, et un site de veille en français sur le sujet.

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