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Catégorie : Emotions et management

Un vent d’optimisme pour les vacances

Et si nous prenions pleinement conscience du formidable potentiel de créativité et de dynamisme de l’optimisme ? C’est là l’invitation de cette très bonne émission de France Inter diffusée le 7 août dernier, à réécouter pour lutter contre la morosité ambiante. Les invités de ce numéro des Débats de Midi apportent des témoignages complémentaires qui prouvent que l‘optimisme possède une puissance transformatrice qui permet de changer le monde à notre niveau, tout simplement !

 

Crise = danger + opportunité

Marc Delcourt, fondateur de Global Bioenergies, nous rappelle qu’en tant qu’entrepreneur c’est un “optimisme en acier trempé sur le moyen et le long terme qui doit servir de boussole”, tandis qu’Anne-Marie Gabelica, fondatrice des cosmétiques bio « oOlution », invite à prêter attention à toutes ces initiatives positives de transformation de nos sociétés qui fleurissent en ces temps de crise. Les Chinois ont raison – c’est un idéogramme que j’aime beaucoup – pour eux la crise est tout autant un danger qu’une opportunité !

Thierry Saussez, pragmatique s’il en est, nous le répète : le pessimisme n’est pas bon pour la santé, et c’est justement pour affronter les crises que l’optimisme prend tout son sens. “Élargissez votre regard” nous invite-t-il, et “exprimez votre gratitude, c’est là une des grandes recettes de l’optimisme. Cela vous permettra de créer de la bonne humeur autour de vous”. Le pessimisme légendaire des Français nous amène trop souvent à formuler un mauvais diagnostic et à faire les mauvais choix, souligne Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques.
Tous les invités rappelle le rôle central de l’éducation : le culte de la performance à la française n’est pas forcément la meilleure solution pour développer le plein potentiel des enfants. Et cela se ressent chez les adultes. Je le vois tous les jours dans les entreprises : et si nous remplacions notre peur de l’échec par une réelle confiance en nous qui s’appuie sur une meilleure connaissance des points forts et de nos talents ?
Et si nous nous autorisons à changer de perspective et à libérer tout le potentiel créatif de l’optimisme ?

Neuromarketing et émotions


Neuromarketing : Des citoyens sous influence ? by himed187

“On appelle neuromarketing l’utilisation des techniques de neurosciences en complément des techniques classiques de marketing, c’est-à-dire que l’on va essayer de voir comment le cerveau réagit face à de nouveaux produits ou à une campagne publicitaire”, nous explique Olivier Oullier, chercheur en neurosciences (université Aix-Marseille), dans ce reportage intitulé Neuromarketing, des citoyens sous influence ?
L’idée de base du neuromarketing est que nos décisions, loin de ce que l’image que nous avons de nous-mêmes comme êtres rationnels, sont essentiellement basées sur nos émotions. Face aux échecs du marketing, qui demande aux gens ce qu’ils pensent de tel produit ou ce que leur inspire telle marque, la supériorité du neuromarketing serait de ne pas passer par la verbalisation: il s’agit de demander directement au cerveau et non à la personne.
Concrètement, une des techniques phares du neuromarketing est l’analyse des ondes du cerveau pour mesurer l’efficacité de la publicité et du marketing, comme l’explique le PDG d’une entreprise de Berkeley, Neurofocus. Ils mesurent ainsi trois paramètres : l’attention, l’émotion et la mémoire, pour établir quelles publicités sont les plus efficaces et les plus à même de provoquer une réaction d’achat.

Je trouve que deux des idées exposées dans ce reportage sont particulièrement intéressantes :
– le fait que nous utilisons notre cerveau reptilien pour prendre nos décisions (pour une explication sur nos trois cerveaux et de leurs relations, voir à partir de la minute 39)
– la conclusion que, loin de ce que les gourous du neuromarketing laissent entendre, le cerveau est bien plus complexe et subtil que de simples mécanismes de stimulation-réponse. S’il est important de réaliser qu’il n’existe pas de bouton d’achat automatique sur lequel la publicité pourrait appuyer, il est intéressant d’intégrer les apports des neurosciences pour mieux comprendre nos processus de décisions.

Pour en savoir plus, quelques éléments sur la page wikipédia du neuromarketing, et un site de veille en français sur le sujet.

L’empathie grâce aux neurones miroirs

Nous le savons depuis leur découverte dans les années 1990 par des chercheurs italiens : ce sont nos neurones miroirs qui nous permettent nous seulement d’appréhender les sentiments et actions des autres mais aussi d’éprouver de l’empathie. Les neurones miroirs sont des neurones qui ont la propriété de s’activer non seulement quand nous faisons une action mais aussi quand nous regardons (ou imaginons !) un autre faire cette même action. Par exemple, les neurones qui s’activent quand nous voyons chez un autre une expression de dégoût sont exactement les mêmes que ceux qui s’activent quand nous éprouvons effectivement du dégoût. Cette découverte capitale pour les neurosciences a des implications aussi bien pour la compréhension de l’apprentissage par imitation que pour notre capacité à construire des relations avec les autres.

Comme nous l’explique l’entretien ci-dessus avec Patrice Van Eersel, les neurones miroirs en interaction avec les neurones moteurs permettent également de transformer cette empathie, ce sentiment partagé avec l’autre, en action pour lui venir en aide. Le docteur Ramachandran, dans sa conférence TED les appelle d’ailleurs les neurones de Gandhi : ce sont eux qui nous permettent d’entrer en résonance avec les autres et d’agir à partir de l’empathie.

Van Eersel cite Daniel Goleman et nous signale trois phénomènes de la vie moderne qui compliquent le bon fonctionnement des neurones miroirs. Points auxquels il convient de prêter particulièrement attention dans le cas des enfants :

  • La vie dans les grandes villes, qui fait que nous sommes continuamment sollicités mais que nous ne pouvons pas agir à chaque fois que nous éprouvons de l’empathie. L’insertion dans une communauté plus petite peut au contraire être très bénéfique.
  • Le temps passé devant la télévision, qui là encore crée de constantes stimulations empathiques sans pouvoir les lier à l’action, affaiblissant le lien entre neurones miroirs et neurones moteurs. Encore un argument à faveur de la vigilance sur le temps passé devant les écrans…
  • La multiplication des relations en contact indirect (téléphone, internet, textos, etc) qui diminuent le contact physique direct, essentiel au bon fonctionnement des neurones qui ont besoin de l’ensemble de la panoplie sensorielle. N’hésitons pas à revenir aux relations que paradoxalement Twitter surnomme la IRL (in real life, ou dans la vraie vie).

L’empathie est capitale pour nos interactions avec les autres : loin d’être un problème, comme certains tenants de la compétition à tout prix voulaient nous le faire croire, c’est aujourd’hui un atout majeur qui permet d’entrer en résonance avec nos collaborateurs et nos clients, entre autres. Soyons donc à l’écoute de nos neurones miroirs !

L’homme aux deux cerveaux

Notre modèle de société, basé sur le règne incontesté de notre hémisphère gauche, est dépassé, déclare Daniel Pink. L’auteur de « L’Homme aux deux cerveaux » (Robert Laffont) nous explique que le futur passe à ses yeux par une meilleure utilisation des capacités humaines liées à notre hémisphère droit. A l’heure où les ordinateurs peuvent dépasser nos performances en calculs et analyses séquentiels, propres à l’hémisphère gauche, il convient au contraire de mieux utiliser l’hémisphère droit.
Notre ère, argumente-t-il, se caractèrise par un changement profond lié à ce qu’il baptise les trois A : l’automatisation, l’ascension de l’Asie, et l’abondance de biens de notre civilisation occidentale. Pour y remédier, son hypothèse est que nous devrions développer nos capacités de « High concept » et de « High touch » propres au cerveau droit.

« High Concept implique l’aptitude à créer une beauté émotionnelle et artistique, à repérer des schémas et des niches, à fabriquer un récit satisfaisant et à combiner des idées apparemment distinctes pour en faire jaillir du nouveau.

High Touch implique l’aptitude à ressentir de l’empathie pour les autres, à comprendre les subtilités des échanges humains, à trouver de la joie au plus profond de soi, à aider les autres à puiser cette joie en eux, à dépasser le quotidien et à se lancer à la poursuite d’un but et de sens. » (plus de détails et un résumé chapitre par chapitre en cliquant ici)

Pour en savoir plus, voici d’autres présentations en anglais
– un résumé de la théorie de Pink sur notre changement d’ère provoqué par les 3 A (Asie, Automatisation, Abondance), extraits du chapitre 2 : http://fr.slideshare.net/lisawhit/a-whole-new-mind-2703761
– quelques éléments de plus sur la différence entre cerveau droit et cerveau gauche, extraits du chapitre 3 :http://fr.slideshare.net/nataliebrandhorst/chapter-3-daniel-pinks-a-whole-new-mind-3442100

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