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Auteur : Didier Hauvette

Quand le pouvoir rend les autres muets

« When power makes others speechless» est le titre d’une nouvelle étude qui confirme ce que nous répétons souvent dans ce blog : à quel point l’écoute est capitale, et de plus en plus stratégique dans les circonstances actuelles.
Publiée dans le «Academy of Management Journal » par trois chercheurs américains, Rick Larrick, Leigh Plunkette Tost et Francesca Gino, l’étude montre ce que nous voyons tous au quotidien dans les entreprises : les managers n’écoutent pas assez leurs collaborateurs, et lorsqu’ils se montrent autoritaires leurs équipes perdent en efficacité et innovation. Ce qui entraîne démotivation et manque de performances.

Quelques conseils pratiques tirés de cette étude:
Evitons les comportements autoritaires. Les auteurs confirment que les leaders autoritaires ont du mal à encourager la collaboration au sein de l’équipe et ont tendance à imposer leurs idées au détriment de l’inventivité du groupe. Les chercheurs ont comparé les performances d’équipes dotées d’un dirigeant autoritaire avec celles d’équipes dépourvues de leaders : les résultats de ces dernières sont supérieurs à ceux des premières. Trop d’autorité nuit au travail d’équipe. Les équipes dotées d’un leader modéré qui invite les membres de son équipe à participer se sont, là encore, avérées supérieures. « Le rôle des managers est essentiel, car ils structurent les équipes, mais ce mode de fonctionnement doit permettre la participation de chacun. »

Pratiquons l’écoute. Le problème des dirigeants autoritaires vient du fait que leur attitude dominatrice inhibe la participation des autres, d’autant plus qu’ils ont souvent tendance à acaparer la parole et à imposer leurs solutions. Pour expliquer ce phénomène les auteurs analysent les relations de pouvoir et de domination entre positions différentes. Soyons attentifs : invitons nos collaborateurs à participer, et écoutons-les vraiment. Ne cherchons pas à combler les vides ou à simplement confirmer notre idée en réunion, exerçons-nous à laisser aux autres le temps de rédondre à nos questions. Une technique efficace pour cela est la pratique de l’écoute active et de la reformulation, une fois que nous avons contrôlé notre « température émotionnelle ».

Construisons et entretenons la confiance. Les leaders les plus efficaces sont ceux qui arrivent à combiner pouvoir et accessibilité : une accessibilité cultivée au quotidien notamment grâce aux échanges informels avec leurs collaborateurs. Le risque est particulièrement élevé lorsque les managers prennent leur fonction. Ils peuvent céder à la tentation de vouloir marquer leur autorité de façon artificielle. (lien vers articles sur entreprises libérées pour exemple de leader accessible.)

Cliquez sur ce lien pour lire l’étude “When Power Makes Others Speechless: The Negative Impact of Leader Power on Team Performance”

L’importance de notre langage non verbal (et comment l’utiliser)

Nous parlons souvent du langage corporel et de ce que nous transmettons au-delà de nos mots, mais sommes-nous réellement conscients de l’impact potentiel de nos gestes et postures ?
Amy Cuddy dans cette courte conférence (20’) s’interroge : nous savons que notre langage non verbal affecte la perception des autres, mais peut-il également influencer notre propre image de nous-mêmes et donc nos actions ? Elle nous présente quelques expériences sur l’impact des postures associées au pouvoir et sur l’effet de notre langage corporel sur notre perception de nous-mêmes. Les résultats sont étonnants… Elle démontre par exemple, qu’adopter une posture associée à la victoire et au pouvoir, avant un entretien professionnel ou d’embauche a un impact déterminant sur le résultat de l’entretien.
Pourquoi ne pas essayer pendant deux minutes avant votre prochaine réunion stressante ?!

PS : si vous n’avez pas 20’ vous pouvez regarder les 2 premières minutes et passer directement à la 8ème minute.

Les 4 pièges du travail en équipe

J’ai lu récemment un article sur les 4 pièges du travail en groupe sur lesquels porter notre attention. Il s’agit d’un article du Business Insider publié en français sur le site du « Journal du net » (pour lire l’article original en anglais cliquez ici)

Les dangers qu’il met en évidence sont les suivants :

  •  l‘excès d’esprit de compétition en interne, qui peut nuire à la productivité de l’équipe en créant des rivalités
  • l’excès de loyauté envers le groupe qui nuit à la créativité face aux problèmes et génère un conformisme mou.
  • un manque de valorisation de l’effort individuel, qui mène à une certaine « paresse sociale »
  • une attitude trop pessimiste de l’un des membres du groupe qui génère de la lourdeur et des émotions négatives.

L’article m’a paru intéressant car il correspond bien à l’équilibre entre compétition et coopération que nous prônons au sein de l’équipe de la « Coopétition interne » (pour plus d’information, je vous invite à visiter notre site)
Je vous invite à lire également, sur ce sujet, l’article que nous avons publié sur les facteurs de succès d’une stratégie de coopétition interne.

Transmission des savoirs entre générations

Des problèmes d’incompréhension ou de distance surviennent souvent entre les jeunes de la génération Y et les salariés de la génération des baby-boomers sur le point de prendre leur retraite. En particulier lorsqu’il s’agit, pour ces derniers de transmettre leurs compétences aux premiers.
J’ai lu récemment une chronique très intéressante sur le sujet écrite par Marc Raynaud pour le Journal du Net. En voici quelques points-clés :

  • La transmission n’est pas automatique : il ne suffit pas de demander à un collaborateur de transmettre ses savoirs à un jeune et de les faire travailler ensemble pour que ça arrive. La capacité à transmettre n’est pas un savoir inné, certains y sont beaucoup plus doués que d’autres. Rappelons-nous qu’un expert ou un bon chercheur ne font pas forcément de bons professeurs.
  • Apprenons à mieux nous connaître : favorisons la connaissance par les générations seniors de la nouvelle génération et de ses modes d’apprentissage complètement différents pour que les premiers puissent transmettre leur savoir-faire aux seconds. En effet, il est capital d’adapter la pédagogie utilisée à ces jeunes qui sont habitués à trouver toute l’information qui leur est nécessaire, de façon immédiate et sans avoir besoin de la stocker ni de la mémoriser !
  • Interrogeons-nous sur les compétences vraiment pertinentes en fonction des changements de l’entreprise : transmettre le “métier” tel que nous l’avons nous-mêmes appris n’est utile que pour certains cas très isolés. Il s’agit de donner la priorité à l’apprentissage des compétences indispensables à l’entreprise de demain, avec l’humilité nécessaire pour reconnaître qu’une grande partie de ce que nous avons appris ne sera pas forcément utile dans le futur. Il est capital de commencer par en parler avec les jeunes, et de se mettre en phase avec ce dont ils ont besoin.
  • Assurons-nous du rôle actif des managers de proximité : la préservation et le développement des savoirs dans une entreprise est une donnée stratégique. Il est indispensable que les managers de proximité veillent à créer des conditions optimales d’apprentissage, en particulier en ce qui concerne la transmission des savoirs et des savoir-faire entre les différentes générations.
  • N’oublions pas qu’une transmission réussie des savoirs n’est pas à sens unique. C’est une succession d’allers et de retours, d’échanges et d’interactions. Les jeunes peuvent contribuer à la rénovation des savoirs des seniors, et apporter des éléments nouveaux et non explorés jusque là.

L’intégration et l’échange entre plusieurs générations offrent la possibilité de créer de la richesse au cœur des entreprises ; il serait dommage de s’en priver.

L’illusion d’incompétence

Cette vidéo venue du Québec met en évidence l’impact sur le niveau de leurs performances, de la perception que se font certains élèves de leurs compétences. Si nous remplaçons le mot “élève” par “collaborateur”, les principales idées de cette vidéo sont tout à fait applicables au milieu professionnel.

Ce qu’il me semble intéressant de retenir :

  • “la perception du niveau de compétences influence principalement l’engagement dans la tâche, l’autorégulation (la capacité de modifier un comportement ou une action en cours de tâche), l’intensité des efforts fournis pour traiter l’information, la persévérance et l’intensité des réactions émotionnelles devant les difficultés”

Principaux éléments permettant de reconnaître l’illusion d’incompétence :

  • “le perfectionnisme négatif, qui consiste en la poursuite d’exigences très élevées qui augmentent la probabilité d’échouer, accompagné de critiques récurrentes et d’évaluation négative de soi. […]“
  • “Le faible niveau d’estime de soi qui implique un jugement plutôt négatif sur soi et qui se base sur la faible compétence que s’attribue la personne dans différents domaines qu’elle juge importants.”

Prendre conscience de ce sentiment d’incompétence chez certains de nos collaborateurs et chercher à en limiter l’impact négatif nous permettra de les aider à s’en libérer et de leur donner accès à une partie plus large de leur potentiel.

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