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Auteur : Didier Hauvette

Conférence HEC

Le 10 mars dernier j’ai eu le plaisir de donner une conférence pour l’association HEC Alumni sur le thème « Gérer nos réactions émotionnelles et celles des autres ». J’y ai exprimé ma conviction que nous avons, aujourd’hui, l’opportunité de changer le mode de fonctionnement des entreprises et que nous sommes en mesure d’obtenir à la fois plus de performances et plus de plaisir à travailler et à créer ensemble, à travers la mise en place d’un « management des émotions ».

En effet, les neurosciences ont mis en évidence ce dont nous nous doutions depuis longtemps : un bon « pilotage » des émotions est indispensable pour une utilisation optimale de nos capacités intellectuelles et le bon déploiement de notre potentiel. Quel que soit le sport ou l’activité que nous pratiquons, si nous voulons devenir vraiment bons, nous apprenons et nous nous entrainons. Apprenons donc à piloter nos réactions émotionnelles !

Merci à tous les participants d’être venus et d’avoir participé à des échanges qui furent très intéressants ! Voici quelques photos, vous aurez très prochainement en ligne un résumé de la conférence et quelques extraits vidéos.

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Photos: Luka LEROY pour Dix6Dent

Le difficile équilibre dans l’usage des outils numériques

Comment s’assurer que nos outils numériques ne deviennent pas des pièges ?
Pour Sherry Turkle, professeure de Social Studies of Science and Technology au MIT nous vivons dans un univers technologique où « nous avons sacrifié les conversations au profit de la simple connexion« .
Cette évolution, nous la vivons souvent dans nos bureaux : de plus en plus connectés, de plus en plus pressés, nous écourtons les conversations et préférons souvent nous envoyer des emails. Mais attention, prévient la chercheuse, « quand nous communiquons à travers nos appareils digitaux nous modifions sans nous en rendre compte nos habitudes comportementales. Nous attendons des réponses de plus en plus rapides. Et pour les obtenir nous posons des questions plus simples, nous allons vers des modes de communication plus basiques, même sur des sujets importants.  »
Elle signale les dangers de cette connexion permanente sans réelles conversations avec les autres : « Nos appareils nous offrent trois illusions puissantes :
1- l’illusion que nous serons toujours écoutés,
2- que nous pouvons focaliser notre attention sur ce que nous voulons,
3- que nous n’avons jamais besoin d’être seuls ».
Sherry Turkle met en évidence l’exemple des réunions de travail durant lesquelles l’attention des participants va et vient entre la réunion et leur smartphone : sont-elles vraiment efficaces ? Elle rappelle la nécessité et le bienfait de conversations suffisamment fréquentes en face-à-face pour nourrir le sentiment d’appartenance des équipes.
Et si nous levions le nez de nos écrans et allions parler à nos collègues au lieu de leur envoyer un email ?

Sherry Turkle est l’auteur d’un livre intitulé « Alone Together: Why We Expect More From Technology and Less From Each Other » (« Etre seuls ensemble, ou pourquoi nous en attendons davantage de la technologie… et moins les uns des autres »), Ed. Basic Books).
je vous invite à lire sa tribune publiée dans le NYTimes (en anglais). Je vous recommande également, en français cette fois, l’article de Tommy Pouilly sur Sherry Turkle et sur son livre.

L’empathie grâce aux neurones miroirs

Nous le savons depuis leur découverte dans les années 1990 par des chercheurs italiens : ce sont nos neurones miroirs qui nous permettent nous seulement d’appréhender les sentiments et actions des autres mais aussi d’éprouver de l’empathie. Les neurones miroirs sont des neurones qui ont la propriété de s’activer non seulement quand nous faisons une action mais aussi quand nous regardons (ou imaginons !) un autre faire cette même action. Par exemple, les neurones qui s’activent quand nous voyons chez un autre une expression de dégoût sont exactement les mêmes que ceux qui s’activent quand nous éprouvons effectivement du dégoût. Cette découverte capitale pour les neurosciences a des implications aussi bien pour la compréhension de l’apprentissage par imitation que pour notre capacité à construire des relations avec les autres.

Comme nous l’explique l’entretien ci-dessus avec Patrice Van Eersel, les neurones miroirs en interaction avec les neurones moteurs permettent également de transformer cette empathie, ce sentiment partagé avec l’autre, en action pour lui venir en aide. Le docteur Ramachandran, dans sa conférence TED les appelle d’ailleurs les neurones de Gandhi : ce sont eux qui nous permettent d’entrer en résonance avec les autres et d’agir à partir de l’empathie.

Van Eersel cite Daniel Goleman et nous signale trois phénomènes de la vie moderne qui compliquent le bon fonctionnement des neurones miroirs. Points auxquels il convient de prêter particulièrement attention dans le cas des enfants :

  • La vie dans les grandes villes, qui fait que nous sommes continuamment sollicités mais que nous ne pouvons pas agir à chaque fois que nous éprouvons de l’empathie. L’insertion dans une communauté plus petite peut au contraire être très bénéfique.
  • Le temps passé devant la télévision, qui là encore crée de constantes stimulations empathiques sans pouvoir les lier à l’action, affaiblissant le lien entre neurones miroirs et neurones moteurs. Encore un argument à faveur de la vigilance sur le temps passé devant les écrans…
  • La multiplication des relations en contact indirect (téléphone, internet, textos, etc) qui diminuent le contact physique direct, essentiel au bon fonctionnement des neurones qui ont besoin de l’ensemble de la panoplie sensorielle. N’hésitons pas à revenir aux relations que paradoxalement Twitter surnomme la IRL (in real life, ou dans la vraie vie).

L’empathie est capitale pour nos interactions avec les autres : loin d’être un problème, comme certains tenants de la compétition à tout prix voulaient nous le faire croire, c’est aujourd’hui un atout majeur qui permet d’entrer en résonance avec nos collaborateurs et nos clients, entre autres. Soyons donc à l’écoute de nos neurones miroirs !

L’homme aux deux cerveaux

Notre modèle de société, basé sur le règne incontesté de notre hémisphère gauche, est dépassé, déclare Daniel Pink. L’auteur de « L’Homme aux deux cerveaux » (Robert Laffont) nous explique que le futur passe à ses yeux par une meilleure utilisation des capacités humaines liées à notre hémisphère droit. A l’heure où les ordinateurs peuvent dépasser nos performances en calculs et analyses séquentiels, propres à l’hémisphère gauche, il convient au contraire de mieux utiliser l’hémisphère droit.
Notre ère, argumente-t-il, se caractèrise par un changement profond lié à ce qu’il baptise les trois A : l’automatisation, l’ascension de l’Asie, et l’abondance de biens de notre civilisation occidentale. Pour y remédier, son hypothèse est que nous devrions développer nos capacités de « High concept » et de « High touch » propres au cerveau droit.

« High Concept implique l’aptitude à créer une beauté émotionnelle et artistique, à repérer des schémas et des niches, à fabriquer un récit satisfaisant et à combiner des idées apparemment distinctes pour en faire jaillir du nouveau.

High Touch implique l’aptitude à ressentir de l’empathie pour les autres, à comprendre les subtilités des échanges humains, à trouver de la joie au plus profond de soi, à aider les autres à puiser cette joie en eux, à dépasser le quotidien et à se lancer à la poursuite d’un but et de sens. » (plus de détails et un résumé chapitre par chapitre en cliquant ici)

Pour en savoir plus, voici d’autres présentations en anglais
– un résumé de la théorie de Pink sur notre changement d’ère provoqué par les 3 A (Asie, Automatisation, Abondance), extraits du chapitre 2 : http://fr.slideshare.net/lisawhit/a-whole-new-mind-2703761
– quelques éléments de plus sur la différence entre cerveau droit et cerveau gauche, extraits du chapitre 3 :http://fr.slideshare.net/nataliebrandhorst/chapter-3-daniel-pinks-a-whole-new-mind-3442100

4 principes pour faire des feedbacks utiles et efficaces

Nous le savons tous : des entretiens réguliers de suivi des collaborateurs sont capitaux pour maintenir leurs efforts et corriger les erreurs avant qu’elles ne prennent trop d’ampleur. Le livre de Marnie Green, Painless Performance Conversations, nous propose quelques principes pour faire en sorte que ces entretiens, plus réguliers que le classique entretien annuel d’évaluation, soient efficaces :

  • Soyons vigilants à notre attitude et nos comportements : il s’agit de gérer nos émotions, même et surtout en cas de désaccord avec le collaborateur en question. Exprimons- nous de façon concise, claire et factuelle, en expliquant quelles sont les attentes concrètes que nous avons en termes de résultats et de façon de travailler. Il est important d’insister sur les choses positives et ne pas seulement évoquer ce que nous ne voulons pas.
  • Evitons les jugements. Le piège est bien connu : lorsque nous commençons par formuler le problème de façon maladroite « Ton équipe n’a pas atteint les résultats prévus » immédiatement notre interlocuteur se braque et l’entretien ne produira pas l’effet positif recherché. Efforçons-nous d’appliquer des principes, comme ceux de la communication non violente (ou comme ceux présentés dans mes ouvrages…): remplaçons notre phrase par « Je vois que les résultats de l’équipe sont moins bons, de quoi avez-vous besoin pour les améliorer ? Que s’est-il passé ? » ou d’autres phrases factuelles de ce type.
  • Posons des questions qui invitent à imaginer et proposer une solution. Prenons le temps d’écouter, et de laisser des silences entre nos phrases. N’oublions pas que certains de nos collaborateurs sont naturellement réticents à s’exprimer et ont besoin de se sentir écoutés. Les questions du type « Comment pourrions-nous augmenter nos ventes ? Que faut-il faire pour résoudre ce problème ? » sont très utiles pour y parvenir.
  • Faisons passer le message de la responsabilité : il s’agit de faire comprendre à notre collaborateur, durant l’entretien, qu’il est souvent le mieux placé pour faire évoluer ses résultats et ses comportements. Les managers n’ont jamais toutes les réponses aux problèmes. Ils sont les catalyseurs du changement. Leur tâche consiste à faciliter l’identification et la mise en œuvre des solutions tout en restant dans le cadre des objectifs et des contraintes de l’organisation dont ils dépendent.
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